03/09/2017

La procédure pénale contre Desokupa et le harcèlement immobilier se poursuit

 

L'entreprise "Desokupa" a de nouveau agi la semaine dernière, dans le quartier de Sant Antoni à Barcelone. L'Observatori DESC tient à exprimer son inquiétude et son ferme refus de ses pratiques qui mènent aux violences privées. Les constantes violations du droit au logement, qui se sont multipliées depuis l'éclatement de la bulle immobilière et la crise hypothécaire, s'intensifent actuellement, alors que l'augmentation permanente des prix du loyer provoque la gentrification de toujours plus de quartiers de la ville, et même en dehors de Barcelone. La pression du tourisme massif, les investissements étrangers et la spéculation transforme le logement, qui est un bien élémentaire dans nos existences, en une marchandise, un privilège. 

"Desokupa", entreprise qui propose soit disant de servir d'intermédiaire entre propirétaires et locataires, a déjà été dénoncée pour ses pratiques qui peuvent être considérées comme délictueuses. En effet, ces pratiques comportent un usage de la violence et de menaces, et se situent ouvertement hors des limites des voies légales. La mobilisation des voisins a permis de mettre un terme à certains de ces agissements. L'Observatori DESC a engagé des poursuites pénales contre cette entreprise et celle qui l'avait engagé, Norvet Negotial SL. Cette plainte a été jugée recevable, à la demande de l'Audiencia Provincial en cours d'appel. Cependant, nous devons constater que cet exercice des voies de recours prévues légalement est entravé par la décision de la Cour d'Instruction n° 31 d'exiger une caution de 10.000 euros pour poursuivre la procédure pénale. Il nous semble que cette décision soit disproportionnée et qu'elle limite le droit d'accès à la justice. Elle empêche également que les pouvoirs publics assument leur responsabilité de garantir les droits et les intérêts collectifs; alors même que cet engagement est essentiel dans le contexte d'urgence sociale dans lequel nous vivons.

Conformément aux traités internationaux sur les droits fondamentaux, et selon la législation nationale et catalane sur le droit au logement, toutes les administrations publiques se doivent de garantir le droit à un logement adéquat et digne à l'ensemble de la population. Ceci implique une nécessaire action publique pour fournir un logement à ceux qui en ont besoin et pour éviter les explusions ou la perte de la résidence principale. Il n'y a qu'une seule voie pour y parvenir: il faut agir en priorité, avec fermeté et efficacité, contre le harcèlement et la violence immobilières, afin de protéger la population qui se trouve en situation d'exclusion résidentielle. 

 

Photographie: La Directa